QUELQUES NOTIONS DE BASES A CONNAITRE
La distillation d’une huile essentielle
A l’aide d’un alambic, la plante cueillie va être distillée grâce à la vapeur d’eau (percolation). Cette vapeur d’eau va entraîner les molécules aromatiques qui vont se volatiliser. Elles sont ensuite conduites au travers du serpentin réfrigérant afin de passer à l’étape de recondensation. Elles sortent enfin dans le vase florentin où l’huile essentielle (HE), plus légère, se déposera à la surface de l’eau de distillation (hydrolat ou eau florale…).
Essence : ce terme désigne la production résultant de l’expression à froid des zestes d’agrumes, donnant alors l’essence aromatique du citron, de la mandarine, de l’orange douce..
Organe producteur de la plante aromatique
L’ « organe » ou partie productrice de l’huile essentielle varie d’une plante à l’autre et pour la même plante, plusieurs organes seront choisis selon les propriétés recherchées.
Pour citer quelques exemples :
- Hélichryse italienne : les sommités fleuries
- Romarin 1,8 cinéol : les sommités fleuries
- Genévrier : les baies
- Gingembre : le rhizome
- Cèdre : le bois
- Pin sylvestre : les aiguilles
- Pour l’oranger bigaradier (amer), on obtiendra des huiles aux propriétés très différentes selon si l’on utilise les feuilles (HE de petit grain bigarade) ou les fleurs (le précieux Néroli).
La spécificité biochimique
Selon le sol, le climat, l’altitude où pousse une plante aromatique, elle contiendra des molécules biochimiques relativement différentes. Cette précision est donc essentielle et doit systématiquement apparaître sur les étuis et flacons.
Pour exemple, prenons le cas de la lavande dont les vertus et utilisations varient selon le terrain de croissance…
La lavande vraie, est celle qui pousse à l’état sauvage sur des sols calcaires et secs, entre 700 et 1800 m d’altitude et dont le parfum reste le plus merveilleusement subtil. Ces vertus apaisantes sont connues mais c’est une huile très polyvalente.
La lavande Officinale (angustifolia), pousse à moindre altitude et souvent par culture. Elle est très polyvalente et reste proche (bien que moins subtile) de la lavandula « vera » (calmante, cicatrisante, brûlure …) et ne présente pas de contre-indication aux doses physiologiques.
La lavande Aspic (latifolia),poussant sur des coteaux méditerranéens offrent des propriétés assez spécifiques aux soins ORL, à certains problèmes dermatologiques et aide dans les traitements de douleurs rhumatismales… Elle ne présente pas de contre-indication aux doses physiologiques.
La lavande Stoechade -sol granitique, basse altitude : contiendra des molécules biochimiques certes cicatrisantes et mucolytiques, par exemple, mais cette huile est contre-indiquée pour les enfants de < 3 ans et les femmes enceintes. Toutes les lavandes ne sont donc pas douces et inoffensives.
La qualité des huiles essentielles
Afin de préserver et de connaître les propriétés réelles d’une huile produite, assurez vous qu’elles soient 100% naturelles (non dénaturées avec des molécules et parfums de synthèses qui peuvent les rendrent toxiques). Si possible, exigez le label HEBBD, ou Bio, car ces labels garantissent que des contrôles sont effectués et que les règles de transports ou de stockage respectent l’huile essentielle.
Bien sûr, les huiles essentielles que vous utiliserez doivent être clairement définies botaniquement avec leur Organe Producteur et leur spécificité biochimique.
Approche biochimique des huiles essentielles
Quand on caresse ou que l’on froisse une plante aromatique, on libère son parfum.
Selon les plantes, ce parfum sera sécrété dans des poils glandulaires épidermiques, des poches ou encore des canaux.
C’est bien sûr cette substance que l’on cherche à capturer pour produire une huile essentielle.
Cette huile essentielle est constituée de molécules aromatiques dont la structure de base est formée de l’enchaînement de plusieurs atomes de carbone (entre 7 et 20 selon la molécule), c’est dire la complexité végétale de ces substances !
Abordons maintenant les principales familles biochimiques et rappelons que c’est grâce à la synergie des molécules aromatiques et des propriétés qui y sont traditionnellement associées que nous pouvons comprendre les atouts et les risques d’une huile essentielle.
NB : Les couleurs utilisées pour chacune des familles nous permettent de faire déjà un lien avec l’aspect plus énergétique et subtil qui sera abordé en fin de l’ouvrage.
Les PHENOLS
Ces composés biochimiques (ex : thymol, eugénol, carvacrol…) sont réputés pour être fortement anti-infectieux, bactéricides, antiviral, anti-parasitaires.
Ils sont immunostimulants et parfois aphrodisiaques.
Mais leur puissance et leur hépato-toxicité les limitent à une utilisation d’une durée limitée, sur adultes, et en association avec des huiles hépato-protectrices. Ils sont aussi dermocaustiques : à ne pas utiliser sur la peau sauf de manière très localisée et jamais purs.
Contre-indication : Enfants <6 ans - femmes enceintes et allaitantes
Les MONOTERPENOLS
Comme le linalol, géraniol, lavandulol, myrtéol… sont également reconnus pour leurs propriétés immunostimulantes, bactéricides, fongicides, antivirales, toniques.
Etant un peu moins puissants que les Phénols, ils ont l’avantage de ne pas avoir les même contre-indications et donc peuvent être compatibles pour les enfants.
Les MONOTERPENES
Comme le limonème, le terpinène… Sont de très bons antiseptiques atmosphériques, bien utiles en prévention d’épidémie virale par exemple.
Ils peuvent avoir une utilité antalgique en application sur la peau, mais dilués dans 5% d’huile végétale pour ne pas être dermocaustique. Certains monoterpènes peuvent avoir également une influence hormonale comme dans l’HE de Pin sylvestre.
Les SESQUITERPENOLS
Ils sont de bons toniques et stimulants - permettent de travailler en agissant plus sur le « terrain ». Ils sont légèrement bactéricides et anti-inflammatoires - pas de toxicité apparente.
Les DITERPENOLS
Ces composés biochimiques (Salviol, Sclaréol…) sont réputés pour avoir une action régulatrice sur le plan hormonal (leur structure étant apparemment voisine des hormones sexuelles humaines « HE hormon-like »).
Les ESTERS
Sont des composés « médians » (acetate de linalyle, ou de lavandulyle…).
Ils aident au recentrage émotionnel, sont antispasmodiques, rééquilibrants nerveux. Par la peau, ils décongestionnent et sont un peu anti-inflammatoires.
Les ETHERS
Sous la forme biochimique de « méthyl- chavicol, ou methyl anethol…).
Ils sont assez proches des esters, mais avec des propriétés plus marquées. Ce sont des spasmolytiques puissants. Plutôt calmants, sédatifs, et bons rééquilibrants nerveux.
Les ALDEHYDES
Comme par exemples les citrals, géranials, citronellal… Ils sont reconnus pour être de bons anti-inflammatoires, calmants et hypotenseurs. Parfois, ils peuvent avoir des propriétés anti-infectieuses.
Les OXYDES
Ces composés, comme le 1,8 cinéole très fréquent, ont des propriétés décongestionnantes au niveau broncho-pulmonaires.
Ils sont mucolytiques et expectorants.
Pour certaines huiles, certains oxydes peuvent s’avérer toxiques (système neuronal et hépatique), d’où des limitations ou interdits spécifiques à ces huiles.
Les SESQUITERPENES
Ils sont généralement hypotenseurs, calmants et anti-inflammatoires. Ils peuvent, comme l’azulène, donner une couleur bleue sombre aux huiles essentielles. Ces composés ne sont généralement présents qu’en faible quantité, et sont le plus souvent dans les HE extraites du bois d’arbres.
Les COURMARINES - FUROCOURMARINES
Ils sont actifs même à l’état de traces dans les huiles essentielles. Ils agissent surtout comme sédatifs nerveux et fluidifiant sanguin.
Attention : ne pas appliquer sur la peau (ou prendre par orale) avant une exposition au soleil, car ces composés biochimiques sont photosensibilisants. Cet effet peut provoquer l’apparition de tâches brunes sur la peau ou favoriser la prise de coup de soleil - selon la dose utilisée, les risques peuvent durer plusieurs jours.
Ils sont souvent présents dans les zestes d’agrumes.
Les CETONES
Elles sont très actives (ex : verbénone, menthone, bornéone …)
Leur utilisation doit être bien mesurée. Leurs propriétés connues sont : calmantes, sédatives, mucolytiques, lipolytiques, anticoagulantes et cicatrisantes.
Selon les huiles essentielles en contenant, elles peuvent aussi avoir un effet vermifuge et antimycosique.
Attention : Il faut les utiliser à faible dosage et courte durée au risque d’avoir des effets fortement négatifs et toxiques (neurotoxique, épileptique, abortif).
Les LACTONES
Présentes à l’état de traces dans beaucoup d’huiles essentielles, elles ont une action mucolytique puissante et sont hypothermisante. Leur utilisation est à mesurer, mais vu leur faible quantité, elle reste plus aisée que pour les cétones car moins toxiques.
Les DIONES
Elles apportent des propriétés antispasmodiques et anticoagulantes.
Les ACIDES
Présents généralement à faible pourcentage dans une HE, ces composés sont fortement anti-inflammatoires. Ils sont également hypotenseurs et hypothermisants.
Modes d’utilisation des huiles essentielles, leur conservation, les précautions d’usage.
Les principales voies d’utilisation
Elles seront précisées pour chaque huile essentielle étudiée. Les huiles essentielles s’utilisent seules mais plus souvent en synergie, dans un mélange ou complexe.
- La diffusion atmosphérique, à l’aide d’un diffuseur aromatique :
C’est une voie intéressante pour des huiles ayant des vertus antiseptiques aériennes lors d’un travail de prévention anti-épidémique par exemple, ou pour assainir l’air d’un cabinet médical… C’est également une aide précieuse dans une création d’ambiance olfactive, aux vertus apaisantes et calmantes ou au contraire toniques et stimulantes.
En application pure (à maîtriser) ou en dilution dans des huiles végétales.
L’application pure est réservée à des huiles essentielles non dermocaustiques (qui n’irritent pas, ni ne « brûlent » la peau) et de façon localisée. Cela peut être pour visée antiseptique, cicatrisante, décontractante, antiride, ou après une piqûre d’insecte…
Lors d’un soin corporel, d’un massage, les huiles essentielles adaptées seront diluées entre 5% et 50% dans une huile végétale de base, de préférence de qualité biologique et expressée à froid (amande douce, pépin de raisin, germe de blé, noisette, macadamia, sésame, bourrache…).
Cette voie présente l’avantage d’associer au sens de l’odorat, celui du toucher. Les molécules d’huiles essentielles pénètrent dans le corps grâce aux capillaires sanguins lors du massage et les bienfaits du toucher sur notre bien-être sont donc associés aux propriétés des huiles choisies.
La voie rectale et la voie gynécologique
Comme pour les gélules, la fabrication de suppositoires ou d’ovules gynécologiques est souvent confiée aux pharmacies qui travaillent avec des laboratoires sérieux et fournissent un résultat fiable et de qualité.
Bien sûr, il faut éviter les huiles irritantes. Les suppositoires sont reconnus comme étant un complément efficace dans le traitement des infections respiratoires. Quant aux ovules, il s’agira d’un complexe cherchant à lutter contre les inflammations et infections localisées de la femme.
Ne jamais appliquer d’huile essentielle pure sur toute muqueuse.
Simplement en mettant quelques gouttes d’un mélange approprié sur un mouchoir de tissu, à respirer autant de fois que nécessaires, pour apaiser ou dégager les voies respiratoires par exemple, ou pour gérer un stress.
Il sera également intéressant de pouvoir utiliser les aérosols électriques pour une diffusion plus profonde et plus efficace dans le cas d’affection des voies respiratoires.
- La voie orale (buccale) et ses différents supports :
Les huiles essentielles, de façon générale, ne se prennent jamais l’estomac vide, mais pendant un repas ou une collation.
Les comprimés neutres :
Ces comprimés à avaler ou à croquer sont vendus spécialement pour permettre d’imprégner dessus 1 à 2 gouttes d’huile essentielle. Cela reste plus ou moins agréable selon les sensibilités et selon le goût des huiles essentielles utilisées…
Les gélules :
La quantité d’huile essentielle pouvant être contenue dans une gélule, varie de 25 à 125 mg.
Elles sont réalisées en pharmacie dans des capsules adaptées (ex : gastro-résistantes).
Les thérapeutes habilités peuvent vous en faire préparer, en notifiant les huiles essentielles choisies et leur pourcentage à utiliser en synergie dans le mélange. Cette préparation sera ensuite contenue dans les gélules.
Les solutés alcooliques :
Réservés aux adultes du fait de la teneur en alcool de la préparation finale. L’huile ou le complexe d’huiles essentielles est dilué à 3% dans de l’alcool à 45° ou de préférence, dans de la teinture mère, comme celle de Propolis. Ce soluté est alors à prendre sous forme de gouttes dans un verre d’eau.
Le miellat :
Les HE sont mises en quantité maximum de 5% dans du miel liquide (ex : miel d’Acacia). C’est une manière douce d’ingérer une ou plusieurs huiles essentielles. L’association des vertus du miel permet d’être efficace pour les petits maux de l’hiver comme les angines débutantes... Le mélange peut être aussi gardé plus facilement sous la langue quelques instants. Le miellat peut et doit être pris loin des repas.
La conservation
Les huiles essentielles de qualité sont généralement vendues dans des flacons bruns, ou bleus, assez opaques qui permettent de bien conserver leurs vertus. Il s’agit de bien refermer ces flacons et de les stocker à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité.
Les principales précautions dans l’utilisation des huiles essentielles :
- Utiliser des produits respectant des critères qualitatifs comme HE 100% pure et naturelle, et ayant le label HEBBD (huile essentielle botaniquement et biochimiquement définie)
- Se rappeler des effets neurotoxiques et abortifs des huiles riches en cétones et lactones…il faut suivre les recommandations de dosage faible et les contre-indications
- Se rappeler des effets agressifs et irritants des huiles riches en Phénols. Utiliser des dosages et supports adaptés. Par voie orale, associer toujours une HE « hépato-protectrice » et limiter la durée d’utilisation.
- Ne pas verser d’huiles essentielles pures dans l’eau, elles ne sont pas hydrosolubles
- Tenir compte des effets photosensibilisants de certaines huiles ou essences d’agrumes – Eviter l’exposition solaire le traitement
- Les muqueuses ano-génitales, les yeux, le conduit auditif, ne doivent pas faire l’objet d’application pure.
- Les plis inguinaux, les aisselles, le visage, doivent faire l’objet de précautions particulières (plus grande sensibilité de la peau dans ces zones)
- En cas d’absorption ou d’application importante et accidentelle, ne jamais utiliser d’eau, mais faire ingérer ou utiliser pour nettoyer des huiles végétales (par exemple 1 à 3 cuillères à soupe de tournesol ou d’olive …) - selon la quantité et la gravité consulter bien sûr un médecin
- Etre attentif et prendre des précautions quand les utilisateurs présentent un terrain allergique.
- Certaines personnes peuvent présenter une hypersensibilité à certaines propriétés, par exemple dans le cas des huiles essentielles stimulantes et dites toniques, sans que les huiles conseillées ne présentent de contre-indications connues. Il s’agit d’être en lien avec l’utilisateur d’HE et d’adapter les huiles et le dosage à son terrain et à sa personnalité.
- Des précautions particulières sont directement liées à certaines huiles essentielles comme la menthe poivrée, qui ne doit jamais être appliquée sur la peau sur une grande surface, car cela créerait une « réaction glacée ». Cette huile ne doit pas non plus être administrée chez les enfants en bas âge (riche en cétones).
- Les huiles essentielles ne sont pas injectables.
- Ne pas laisser les flacons à la portée des enfants
Rappel : Une parfaite connaissance des huiles essentielles ne doit jamais faire croire aux utilisateurs qu’ils peuvent se passer d’un avis et d’une consultation médicale.